Accompagnement aux Transmigrants, à Tierra Blanca, Veracruz. Mexique

Tous les jours nous nous trouvons devant le défi d’accueillir des transmigrants[1]venant, la plus part, de l’Amérique Centrale ; mais il y a aussi desmigrants mexicains et occasionnellement des Haïtiens, Colombiens, Cubains et Vénézuéliens. Avec joie, nous vivons cette mission à la rencontre des hommes, des femmes, des enfantsqui, pour diverses raisons doivent quitter leur pays, laisser leur famille, leur culture, leurs coutumes, leur environnement, et se lancer vers l’inconnu. Quelques-uns fuient la violence qui les harcèle, d’autres cherchent la possibilité d’une vie digne, avoir un travail, de la nourriture, la possibilité d’étudier, une rémunération juste, du repos ; ilscherchent pouvoir réaliser leurs rêves, aller de l’avant et concrétiser un projet de vie, avec tranquillité et joie.

Nous savons que nous ne sommes pas seules, nous connaissons le travail que réalisent les sœurs à Montreynaud, St Etienne, France.Celui des sœurs du Liban auprès de personnes déplacéesde Syrie. Les sœurs de l’Inde s’occupent de personnes en fuite du Sri Lanka.Les sœurs de la Grèce ont vécu auprès des Albanais quand la Yougoslavie s’est divisée. Les sœurs qui étaient en mission à Youtou, Sénégal, ont été à côté de gens déplacés. Nous savons que plusieurs sœurs de St Joseph travaillent près des personnes d’originehispano, à la frontière sud des USA. En France il y a des sœurs qui accueillent des personnes qui arrivent de l’Afrique sud- Saharienne, et il y a sûrement beaucoup d’autres sœurs et laïcs qui ont le cœur ouvert aux migrants, dans les différentes époques et lieux du monde.

En 1998, les sœurs du Mexique ont commencé une expérience à Nuevo Laredo, Tamaulipas, très près du fleuve ‘Bravo’, dans la frontière avec les USA. Elles ont y resté jusqu’à 2003. Elles ont accueilli des migrants mexicains, centroaméricains et d’autres pays. Elles ont travaillé en équipe avec des laïcs et des prêtres, en vue de la sensibilisation de la population sur les droits des migrants et de la recherche des personnes qui disparaissent dans le fleuve ou sur le chemin. En ce temps-là, a été construite La ‘Maison des Migrants Nazareth’ et,avec la population,s’est créé un cercle de soutien aux migrants. En 2008-2009, une de nos sœurs a vécu dans une auberge pour les migrants, à Lecheria, dans l’État de Mexico. Elle accueillait les migrants et collaborait avec la direction de l’auberge, des bénévoles laïques et d’autres congrégations religieuses.

En 2010, la Province a quitté une de ses institutions : une Maison de Retraite, à Ste Ursula, pour libérerdes sœurs pour aller travailler dans une autre auberge pour les migrants, à Tierra Blanca, Veracruz, dans le sud-est du Mexique. Par cette ville, passe tous les jours un train appelé ‘la bête’. Pendant toute l’année, dans l’auberge nous accueillons et nous voyons partir des personnes qui arrivent, parfois blessées, malades, mouillées…, car elles voyageaient sur le toit deswagons de marchandises pendant plus de 12 heures. Ce sont des familles qui quittent leur foyer et leurs terres à cause de la famine, ou des menaces du crime organisé, ou pour le manque de travail.

Dès point de vue de quelques analystes politiques, la frontière sud du Mexique ressemble à un ‘fromage de gruyère’, perforé par les montagnes, les fleuves, les vallées et les plaines. Sur des chemins tracés, ou sans eux, les personnes migrantes venues de l’Amérique centrale ou d’autres pays, passent  et veulent continuer leur chemin, même si elles se trouvent devant l’action violente de la police, ou de l’armée, ou de toutes sortes de bandes. Elles doivent faire face aux actions de notre gouvernement pour freiner la migration, aux consignes et pressions du gouvernement des USA. La politique du président Trump sépare les familles et/ou déportedes personnes sans jugement et sansqu’elles puissentfaire des démarches pour demander l’asile ou un refuge. Aussi, les politiques européennes proclament créer des centres de refuge en d’autres pays… Ce sont des défis et des challenges qui nous posent des questions profondes…

Le Pape François répète sans cesse l’appel à vivre la miséricorde, l’humanisation, en accueillant, protégeant et intégrant les migrants dans tout le monde… Il nous invite à nous ouvrir, à nous enrichir des rencontres culturelles différentes ; la situation globale de la migration est le prélude de changements très profonds de la société, des cultures. Les personnes déplacées, migrantes, transmigrantes, refugiées, crient et clament pour la VIE, pour la justice, l’équité, le travail, l’éducation, la protection en face de la violence, la guerre, la mort…

Devant tout cela, nous nous demandons, dans la communauté, et nous renvoyons la question à toute la Congrégation, à travers le site web: « En tant que Sœurs de St Joseph de Lyon, n’aurions-nous pas une parole, une action globale, une prise de position à faire ? Selon notre propre discernement, quel est l’appel de Jésus pour nous aujourd’hui ? »

Communauté de Tierra Blanca, Veracruz

 


[1]Transmigrants, personnes qui transitent par un pays en chemin vers un autre pays qui sera sa destination finale.

 

 

 

Photos de migrants

 

 

Photos des enfants

 

Attention aux blessés

Des Sœurs avec les migrants                                                         Conférence sur les Droits humains